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Le débat africain: Qui sont les tradipraticiens?

Par dans Naturopathie africaine avec 3 Comments

Comment comprendre, au moment où l’on vante la vertu des produits naturels, que les tradipraticiens soient par certains considérés, soit comme des sorciers, soit comme des charlatans? Quelle est leur efficacité? Quelle confiance leur accorder?

Toutes les réponses dans le débat (RFI) ci-joint avec:

– Akoko Kinde-Gazard, ministre de la Santé du Bénin

– Dr Bertrand Sandjon, pharmacien-biologiste-ethnobotaniste camerounais et fondateur des Laboratoires Phytorica

– Gabriel Salavi, président de l’Association des praticiens de la médecine traditionnelle du Bénin (ANAPRAMETRAB)

– Eric Fandohan, tradipraticien-consultant au Bénin.

 

Commentaires personnels

Il y a une différence entre un tradithérapeute, un phytothérapeute, un herboriste et un naturopathe. Souvent quand on me demande ce que je fais et que je dis que j’étudie en Naturopathie, c’est directement associé aux soins avec les plantes. La naturopathie utilise bien entendu dans sa pratique des plantes pour soigner mais ne se résume pas à ça. En effet: « La naturopathie est une médecine non conventionnelle qui vise à équilibrer le fonctionnement de l’organisme par des moyens jugés « naturels »: régime alimentaire, hygiène de vie, phytothérapie, techniques manuelles, exercices etc. » Wikipedia.

La naturopathie est basée sur 5 principes à partir des conceptions d’Hippocrate:

  • D’abord ne pas nuire (primum non nocere)
  • La nature est guérisseuse (vis medicatrix naturae)
  • Identifier et traiter la cause (tolle causam)
  • Détoxifier et purifier l’organisme (deinde pugare)
  • La naturopathie enseigne (docere)

La médecine traditionnelle africaine, un patrimoine socioculturel

Tout comme la plupart des médecines douces, la médecine traditionnelle africaine soigne la personne dans son intégralité. Elle a une vision holistique et se préoccupe aussi des déséquilibres physiques sans oublier l’aspect moral, social et environnemental. Il est minimaliste de penser qu’elle se résume à l’usage des plantes seulement.

En Afrique il y a des coutumes, un mode de vie, des croyances qui lorsque l’on s’en écarte peuvent causer des déséquilibres. Ce qui fait de la médecine traditionnelle africaine un art de guérison fondé sur toute une manière de vivre et de voir le monde. La personne étant considérée dans son intégralité, soigner reviendrait à procurer un bien-être intégral. Tout ce qui fait partie de l’univers de la personne est donc à prendre en compte: lumière, plantes, animaux, objets, relations sociales, pensées etc. car ont d’une manière ou d’une autre une influence sur la santé.

Selon l’OMS: « La médecine traditionnelle est la somme des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. » Bien souvent, des rituels, initiations ou cultes accompagnent certaines méthodes thérapeutiques en médecine traditionnelle africaine. À cela s’ajoutent certains interdits destinés à éloigner le malheur. Par exemple, une femme Duala (Camerounaise) est tenue de ne pas retomber enceinte dans les 2 à 5mois après l’accouchement de son premier enfant, sinon ce dernier risque de présenter des retards de croissance.

Les animaux occupent aussi une place importante dans la médecine traditionnelle africaine car interviennent dans leur bien-être. Il y a un dialogue permanent entre les hommes et les animaux. Ces derniers communiquent de façon spécifique et peuvent soit alerter ou soit apporter de bonnes nouvelles.

On peut clairement affirmer que la médecine traditionnelle africaine prend racine essentiellement dans un terrain socioculturel avec ses coutumes, rites et croyances qui se perdent malheureusement avec l’occidentalisation. À cela s’ajoute la conception holistique de chaque individu et l’utilisatiom thérapeutique des plantes médicinales.

Les lacunes de la médecine traditionnelle africaine

Les savoir et savoir-faire sont transmis de manière empirique selon les cultures, les tribus et les peuples. Aucune formation spécifique n’est donnée aux praticiens. C’est donc la porte ouverte à beaucoup d’usurpateurs qu’on appelle « charlatans ». On se retrouve avec des affiches comme celles-ci:

 

Vers une solution pour une meilleure réglementation?

Selon Akoko Kinde-Gazard, ministre de la Santé du Bénin, des dispositions sont entrain d’être prises pour combler ces lacunes: « Nous sommes entrain d’aller vers la création d’une école de formation de tradithérapeutes. […] Il faut déjà que ces gens (les tradipraticiens) adhèrent à notre vision scientifique. […] nous les avons amené à avoir des monographies, à identifier les plantes. Lorsque vous dites cette plante est efficace, nous, nous recherchons le nom scientifique, le nom botanique. Nous demandons quelle est la partie de la plante qui est utilisée? Est-ce les racines? Est-ce la partie aérienne? Quel est le mode d’utilisation? Vous devez dire si c’est une décoction, si c’est une trituration? Quel est le mode d’administration? Est ce que c’est la voie orale? Est ce que c’est la pommade? etc. »

Il serait intéressant de rajouter un côté scientifique en incluant cette formation dans les facultés de sciences, de médecine et de pharmacie en Afrique. Cela permettrait de dissocier les vrais praticiens des usurpateurs. C’est le plus grand défi en matière de médecine traditionnelle.

C’est dans cette optique qu’a été créé l’Hôpital traditionnel de Keur Massar situé à 25 km de Dakar au Sénégal. Fondé par le docteur Yvette Parès, cet hôpital a pour objectifs de:

  • Mettre en place une alternative thérapeutique crédible en développant une gamme élargie de médicaments traditionnels améliorés
  • Entretenir et maintenir les connaissances des richesses du patrimoine thérapeutique national
  • Vulgariser les bienfaits de la pharmacopée afin de susciter des vocations
  • Impulser la collaboration entre les différentes médecines

Pour plus d’infos: Hopital keur massar

Vers une médecine intégrative…

Un long chemin est à faire encore en terme de réglementation des médecines douces. Beaucoup d’africains continuent de se soigner par la médecine traditionnelle africaine et beaucoup consultent les tradipraticiens. Le risque de mortalité reste aussi élevé chez ceux qui consultent des praticiens non expérimentés. Une étude des méthodes thérapeutiques doit être faite ainsi qu’une connaissance plus approfondie de la pharmacopée africaine.

L’objectif dans le long terme serait de collaborer avec les médecins conventionnels pour une prise en charge globale du patient. L’Afrique verra fleurir un jour des hôpitaux où la médecine traditionnelle y trouvera sa place. Du moins c’est un de mes rêves!

Souvent nous voulons tout calquer sur le modèle occidental en oubliant que les réalités sont différentes, que le milieu est différent et que la culture est différente.

 

 

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À propos de l'Auteur
Mouna Akué

Ma mission: vous offrir des solutions 100% naturelles pour aider à prévenir et à soulager vos maux du quotidien, ainsi que des outils pour mener une vie saine et équilibrée.

3 Commentaires

  1. peut tu me donner le nom et contact d’un naturopathe camerounais j’ai un problème de trompes bouches

    • Mouna Akué dit :

      Bonjour Marie Michelle,

      Malheureusement, je n’en connais aucun au Cameroun. Il serait bien (si ce n’est déjà fait) que vous soyez suivi aussi par un médecin gynécologue afin qu’il vous suggère un traitement. 

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